Le projet SHCN
c’est une prise de contrôle industrielle inutile
et écologiquement dévastatrice
qui sacrifie un patrimoine vivant de 250 ans


1) Ce projet prive la commune de ses droits d’eau. Une privatisation d’un bien public, d’une ressource vitale.

2) Il met gravement en danger la rivière Cabrils et l’écosystème de la vallée en détournant la majeure partie de son eau ( 700l/s ! ).
Le projet de la SHCN est un chantier vraiment destructeur pour les Garrotxes : plus de 1 200 rotations d’hélicoptère et un trafic de poids lourds seront imposés au cœur d’une vallée sauvage et extrêmement fragile, perturbant gravement une faune et une flore déjà fragilisées par un climat déréglé.

3) Il détruit un patrimoine vivant de 250 ans.

4) De graves problèmes des canalisations et des pénuries d’eau pour la commune ont été constatés dans des projets similaires (Nyer).

5) Il est possible de garantir l’approvisionnement en eau pour l’irrigation et l’eau potable sans détruire le canal, qui remplit déjà cette fonction depuis plus de deux siècles !

L’argument consistant à dire que le tubage est nécessaire pour sécuriser l’eau potable de la commune est un faux dilemme technique. Il existe une alternative moderne, économique et écologique, largement éprouvée dans notre département : la séparation des réseaux (AEP / Irrigation). Comme certains secteurs du Canal de Bohère ou des canaux alimentés par la Têt et ses affluents.

✔︎ En plus du canal historique, le territoire d’Oreilla dispose d’une source d’eau potable appartenant de droit à la commune.

Aujourd’hui, cette source publique est accaparée à des fins privées, privant la collectivité d’une ressource en eau potable de première qualité.

Plutôt que de signer la destruction du canal historique au profit d’une entreprise  sous prétexte de sécuriser l’eau potable, la municipalité doit dresser sans délai un inventaire de ses ressources en eau, remettre la totalité des sources communales dans le domaine public et les raccorder au réseau du village. L’eau des habitants doit retourner aux habitants.

Notre proposition : Nous proposons l’installation d’une conduite de petit diamètre, dédiée exclusivement à l’Alimentation en Eau Potable (AEP).

Les avantages majeurs : Cette solution garantit une sécurité sanitaire absolue et stérile pour l’eau potable des habitants, tout en maintenant le canal ancestral à ciel ouvert pour ses missions historiques et indispensables : l’irrigation agricole, la filtration naturelle qui alimente les sources de surface, la lutte contre les incendies et le maintien de la biodiversité (ripisylve).

6) La commune doit conserver la propriété de l’eau et d’un patrimoine tel que le canal existant pour les générations futures, sans avoir à le privatiser et à le détruire.

7) Il existe des solutions bien meilleures, comme des projets photovoltaïques pour financer l’entretien du canal et les futurs projets (EDF prendrait en charge l’installation et la construction sans frais pour la commune, tout en garantissant des revenus substantiels grâce à la vente d’électricité).

Oreilla bénéficie d’un ensoleillement exceptionnel ! Un tel projet photovoltaïque n’est pas excessivement complexe, mais la préparation des dossiers nécessaires est cruciale ;

or, la mairie actuel n’est pas à la hauteur : manque d’initiative et d’engagement.

Le conseil municipal opte donc pour la solution de facilité en déléguant ses responsabilités à une entreprise privée à but lucratif.


◻︎ Analyse des arguments de la SHCN

Pour tenter de sauver son projet face aux critiques de la Mission Régionale d’Autorité Environnementale (MRAe), la Société  Hydroélectrique du Canal de Nyer (SHCN) a déposé un mémoire ➚ en réponse.

Derrière un jargon technique, ce document contient des failles majeures, des contradictions flagrantes et des approximations écologiques.

1) Une étude hydrologique “indépendante” payée par le pétitionnaire

Pour prouver la compatibilité du projet avec les règles de gestion de l’eau (SDAGE), l’entreprise s’appuie sur une étude de janvier 2026 qui « clôt le débat ».

– Mais, le document avoue explicitement que cette étude a été « commandée par le pétitionnaire ».
Une étude privée, financée par l’exploitant lui-même, ne peut en aucun cas remplacer l’impartialité des services de l’État et de l’Autorité Environnementale. Le débat n’est pas clos, il est biaisé.

2) Truite Fario et Desman : Une manipulation des chiffres biologiques

La SHCN affirme qu’un débit réservé permanent de 140 l/s est “très confortable” pour la faune, sous prétexte que le cours d’eau descend parfois naturellement à 37 l/s en période de sécheresse quinquennale (QMNA5).

– C’est une hérésie écologique. Confondre une crise de sécheresse naturelle et temporaire (37 l/s) avec un abaissement artificiel, massif et permanent de la rivière (bloquée à 140 l/s toute l’année à cause du prélèvement de 700 l/s) est inacceptable. De plus, le Desman des Pyrénées est désormais classé “En danger”.
La SHCN refuse pourtant de réaliser l’étude scientifique précise des microhabitats exigée par la MRAe, se contentant de citer l’exemple d’une autre vallée.

3) Le déni du cataclysme des 1 200 vols d’hélicoptères

La SCHN refuse de déposer un dossier de Dérogation Espèces Protégées (DEP) pour les grands rapaces, affirmant que le Gypaète barbu ne fait que « chasser » dans la vallée et que les héliportages seront simplement « encadrés ».

– Le Code de l’environnement protège strictement le domaine vital (zones de chasse et d’alimentation) des espèces menacées, et pas seulement leurs nids. Prétendre qu’un trafic industriel de “plus de 1 200 rotations d’hélicoptères” lourds au-dessus d’un sanctuaire naturel ultra-fragile n’aura “aucun impact” est une aberration qui doit être sanctionnée par les services de l’urbanisme et de l’environnement.

4) L’argument de l’eau potable

L’entreprise s’appuie sur un rapport d’hydrogéologue de novembre 2024 pour affirmer que le tubage du canal est la seule solution pour sécuriser l’eau potable du village.

– L’expert confirme qu’il faut protéger l’eau potable dans une conduite fermée pour des raisons sanitaires.  Mais cela valide exactement la solution citoyenne que nous proposons : la pose d’une petite canalisation d’eau potable dédiée en parallèle du canal historique.
Cela règle définitivement la sécurité sanitaire du village sans avoir besoin de privatiser 700 l/s d’eau pour des turbines privées et d’assécher la vallée.

5) Sécurité publique : Une sous-estimation flagrante des risques de crue

Alors que les services de Restauration des Terrains en Montagne (RTM) estiment le débit d’une crue centennale à 180 m³/s sur le Cabrils, la SHCN refuse de mettre à jour ses calculs et maintient son estimation à seulement 82,5 m³/s.

– La SHCN divise délibérément par deux le risque de catastrophe naturelle par rapport aux données officielles de l’État pour minimiser le coût de sécurisation de son usine.
Face au dérèglement climatique et à la violence des crues méditerranéennes en montagne, concevoir une infrastructure industrielle sur des bases aussi sous-évaluées met gravement en danger la sécurité de la vallée et des installations en aval.